Vers un traitement et un vaccin contre le COVID-19

Les recherches du docteur Ron Diskin de l’Institut Weizmann des Sciences

À ce jour (6 avril 2020) le nouveau coronavirus a atteint plus de 1 200 000 personnes et en a tué plus de 65 000. Il angoisse le monde entier. De nombreuses recherches scientifiques et essais cliniques sont actuellement en cours dans le but de trouver un traitement. Le docteur Ron Diskin de l’Institut Weizmann, un expert renommé dans le domaine de la biologie structurale des virus mortels, est un pionnier dans plusieurs approches de recherche prometteuses pour maitriser le coronavirus et d’autres virus mortels analogues.

La maladie liée au coronavirus (COVID-19) est une maladie infectieuse causée par le SRAS-CoV-2, un virus étroitement lié au virus responsable de la première épidémie de SRAS en 2003. Comme dans l’épidémie actuelle, le virus était apparu en Chine. Il existait déjà chez un animal (la chauve-souris), est passé chez un autre animal (la civette en 2003, probablement le pangolin en 2019) avant d’être transmis à l’homme puis d’un être humain à un autre. Comme les patients atteints du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) de 2003, ceux infectés par le coronavirus actuel peuvent développer fièvre, toux, fatigue et essoufflement. Ce virus est extrêmement contagieux et son taux de mortalité est d’environ 3,4% d’après l’Organisation Mondiale de la Santé.

Le docteur Diskin a lancé dans l’urgence un programme visant à la mise au point d’un traitement de la COVID-19 et reposant sur une toute nouvelle stratégie, imaginée et développée dans son laboratoire, pour lutter contre les virus transmis des animaux à l’homme. Étant donné que le monde assiste régulièrement à des épidémies de virus d’origine animale, tous les scientifiques s’accordent à dire qu’une solution générale doit être mise au point. Avec son équipe, le Dr Diskin a fait dans ce domaine plusieurs découvertes clefs qu’il a décrites dans des articles publiés quelques semaines avant l’épidémie de COVID-2.

Un de ces articles, publié en janvier 2020 dans le prestigieux journal Nature Communications, décrit un leurre moléculaire qu’il a conçu avec son équipe. Ce leurre a pour but d’empêcher un groupe de virus d’origine animale appelés « arenavirus » de se fixer aux cellules qu’ils attaquent, empêchant ainsi l’infection. Ils ont appelé cette nouvelle molécule « Arenacept ». Le laboratoire du docteur Diskin vient de se lancer dans l’application au coronavirus SARS-CoV-2 de l’approche qui a abouti à la création de « l’Arenacept ». Son but : mettre au point un nouveau traitement du COVID-19.

Parallèlement, en octobre 2019 et en février 2020, le Dr Diskin a publié deux autres études tout aussi importantes dans de prestigieux journaux (Nature Medicine et Cell Host & Microbe) dans lesquelles il montre comment le vaccin contre le virus Ebola – dont la chauve-souris est vraisemblablement l’origine – active le système immunitaire afin de combattre de virus. Il a également identifié la cible moléculaire précise des anticorps spécifiques acquis par tous les individus vaccinés et par les patients ayant survécu au virus, ce qui permettra la production d’un vaccin amélioré contre l’Ebola..
Ces découvertes arrivent à point nommé. Avec d’autres percées réalisées par le docteur Diskin sur les mécanismes des virus létaux, elles sont à la base d’un plan de recherche sur le nouveau coronavirus qui vient d’être mis en place, le docteur Diskin  restant focalisé sur un objectif : mettre au point un traitement ou un vaccin contre le SARS-CoV-2.   Le Dr Diskin prévoit d’adapter au SARS-CoV-2 la stratégie développée dans son laboratoire pour identifier chez des patients convalescents les meilleurs anticorps contre le virus et à les optimiser pour concevoir et produire des anticorps permettant un traitement par immunothérapie de patients atteints du COVID-19.

Par ailleurs, l’isolement des anticorps les plus efficaces contre le SARS-CoV-2 permettra d’identifier les parties de la surface du virus les plus sensibles aux anticorps. En quelque sorte, le talon d’Achille du virus. Cette région sensible du virus pourrait servir d’ « immunogène » – le motif moléculaire injecté pour induire une réponse immunitaire spécifique – pour le développement d’un futur vaccin.

Besoins financiers

Pour développer un traitement par immunothérapie et un candidat vaccin, l’Institut Weizmann des Sciences sollicite des dons philanthropiques d’un total d’1 million de dollars afin de permettre au docteur Ron Diskin de mettre en œuvre son plan de recherche.