Disparition de Madame Simone Veil

Le Conseil Pasteur-Weizmann est orphelin de sa Présidente d’honneur, Madame Simone Veil, disparue ce jour, 30 juin 2017. Femme politique engagée pour le progrès de la science et de l’humanité, la vie de Simone Veil aura été un combat pour l’Etat de droit contre la barbarie.

La jeune fille marquée des stigmates d’Auschwitz a su sublimer son expérience en exemple pour donner dignité et force aux femmes à transmettre une vision de construction et de paix dans un engagement total pour une Europe pacifiée et démocratique. Elle a été première dans les femmes de sa génération et pour les générations futures d’hommes et de femmes. La pudeur naturelle qui était sienne lui faisait peu évoquer son passé personnel. C’est par son énergie, sa fermeté et ses actes qu’elle nous laisse des valeurs de dialogue, de paix, pour bâtir un monde si possible meilleur.

Maurice Lévy, président du Conseil Pasteur-Weizmann, et le Conseil d’administration, adressent leurs plus sincères condoléances à la famille de Madame Simone Veil et notamment à ses fils, Jean et Pierre-François, qui poursuivent le combat et les engagements de leurs parents./.

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Rescapée de la Shoah, Simone Veil entre dans la magistrature comme haut fonctionnaire jusqu’à sa nomination comme ministre de la Santé en 1974. À ce poste, elle fait notamment adopter la « Loi Veil », promulguée le 17 janvier 1975, qui dépénalise le recours par une femme à l’interruption volontaire de grossesse.
De 1979 à 1982, elle est la première présidente du Parlement européen. Elle est ministre d’Etat, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, dans le gouvernement d’Edouard Balladur, puis siège au Conseil constitutionnel de 1988 à 2007. Élue à l’Académie française en 2008, elle y fut reçue solennellement en 2010 par Jean d’Ormesson.

C’est le 9 décembre 1974 que Madame Simone Veil émit l’idée pour la première fois d’un jumelage entre l’Institut Pasteur et l’Institut Weizmann des Sciences. Avec un courage politique hors du commun, compte-tenu de l’état des relations diplomatiques entre la France et Israël à cette époque, Simone Veil, alors ministre de la Santé du gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing, accepta de devenir Présidente d’honneur du Conseil Pasteur-Weizmann. Elle n’avait jamais ménagé son temps et ses efforts pour apporter à cette institution un soutien inestimable. La création du Conseil Pasteur-Weizmann pour la lutte contre le cancer fut annoncée le 28 mars 1975 au cours d’une conférence de presse qu’elle présida avec le Professeur Jacques Monod, Prix Nobel de médecine.

Aucune collaboration internationale active entre universitaires n’a connu la pérennité, la force et la notoriété internationale de la collaboration qui permet aux chercheurs de l’Institut Pasteur à Paris et de l’Institut Weizmann des Sciences à Rehovot (Israël) de mettre en commun leurs savoirs, leurs techniques et leurs enthousiasmes au service d’une cause commune.

La collaboration Pasteur-Weizmann s’est développée chaque année davantage. 51 projets communs ont été financés portant sur des sujets très variés, la plupart directement reliés à des études fondamentales ou appliquées et reliées à la compréhension des processus pathologiques, à la prévention, au diagnostic et au traitement du cancer.

Pasteur-Weizmann demeure l’exemple vivant d’une collaboration scientifique internationale au plus haut niveau, insensible aux conflits politiques, culturels et financiers entre Etats, avec la poursuite d’un objectif unique si bien défini par Simone Veil : « le Bien de l’Homme, au-delà des frontières ».