Conférence en ligne

Dans le cadre de leur programme « Ensemble pour le savoir »
Le Collège de France et l’Institut Weizmann des Sciences vous invitent à participer à une conférence en ligne

 

Mercredi 8 juillet 2020 à 18h30 (heure de Paris)

THÈME DE LA CONFÉRENCE :

Microbiologie et Biologie cellulaire des cellules germinales
Ou
Comprendre ensemble les ovocytes et la maladie de Crohn

Les intervenants :

PR THOMAS RÖMER
Administrateur du Collège de France

PR ROEE OZERI
Vice-président de l’Institut Weizmann des Sciences

PR MARC FONTECAVE
Président de la Fondation du Collège de France

PR MONIQUE CANTO-SPERBER
Membre du Conseil de Weizmann France

PR HUGUES DE THÉ
Président de l’Institut de biologie du Collège

PR MICHEL GOLDBERG
Président du Conseil scientifique de Weizmann France

PR MARIE-HÉLÈNE VERLHAC
CIRB, Collège de France

PR NIR GOV
Institut Weizmann des Sciences

PR OLIVIER ESPÉLI
CIRB, Collège de France

PR ROÏ AVRAHAM
Institut Weizmann des Sciences

Programme de la conférence

Présentation du Collège de France, par le Professeur Thomas Römer, Administrateur du Collège de France & de l’Institut Weizmann des Sciences par le Professeur Roee Ozeri, vice-président de l’Institut Weizmann des Sciences, et le Professeur Monique Canto-Sperber, membre du Conseil de Weizmann France

 

L’Institut de Biologie du Collège (recherches et enseignements) par le Professeur Hugues de Thé

 

Les collaborations scientifiques « Collège – Weizmann » par le Professeur Michel Goldberg

 

Présentation des chercheurs « Weizmann – Collège » et de leurs travaux collaboratifs :
• Pr M-H Verlhac et Pr Nir Gov : Façonner l’expression des gènes maternels par les forces exercées sur les ovocytes
• Pr Olivier Espéli et Pr Roï Avraham : Analyse des bactéries associées à la maladie de Crohn

 

Le rôle des Philanthropes : ensemble pour la science (Pr Marc Fontecave, David Weizmann)

Instructions pour rejoindre la vidéoconférence

Le Mercredi 8 juillet 2020 à 18h30, veuillez cliquer sur :

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ID de réunion : 428 624 3096

 

Une seule touche sur l’appareil mobile
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Trouvez votre numéro local : https://us02web.zoom.us/u/kd4jHHC4Oh

(Pour PC, Mac, Linux, iOS ou Android)

Il est conseillé de s’inscrire à l’avance pour télécharger l’application Zoom en toute tranquillité. Vous pourrez alors, le moment venu, rejoindre la réunion en cliquant sur le lien ci-dessus.

Pour toute information ou question sur la connexion, merci de bien vouloir contacter Christelle au +33 6 29 15 58 43 ; email : christelle.m@weizmann-france.com

Présentation des intervenants

Pr Thomas Römer – Professeur (Chaire Milieux bibliques) et Administrateur du Collège de France
Exégète, philologue et bibliste suisse d’origine allemande, spécialiste de l’Ancien Testament, Thomas Römer est Professeur au Collège de France depuis 2007. Déjà à la tête de son Institut des civilisations, il est, depuis 2019, Administrateur du Collège de France.

 

Pr Roee Ozeri – Professeur et Vice-président de l’Institut Weizmann des Sciences
Physicien, spécialiste des atomes ultra-froids et de l’informatique quantique. Né en Israël, il poursuit des études de physique à l’Université hébraïque de Jérusalem et à l’Institut Weizmann des sciences où il obtient son doctorat. Il a mené des recherches postdoctorales au National Institute of Standards and Technology à Boulder, Colorado – groupe du Pr David Wineland, prix Nobel de physique en 2012. Le Professeur Ozeri rejoint l’Institut Weizmann en 2007 ; il a été nommé en décembre 2019 Vice-président du Développement des ressources.

 

Pr Monique Canto-Sperber – Professeur, Membre du Conseil de Weizmann France
Monique Canto-Sperber est une spécialiste de de la philosophie antique— notamment de Platon —, de l’histoire des idées morales et de philosophie morale et politique contemporaines. Elle dirige l’École Normale supérieure (2005 à 2012), puis crée et préside l’Université de recherche Paris-Sciences-et-Lettres de 2012 à 2014. Elle est directrice de recherche au CNRS (équipe « Philosophie morale et normative » à la République des Savoirs), membre correspondant étranger de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique depuis 2008 et présidente exécutive de la Fondation Evens. Membre du Comité consultatif national d’éthique de 2001 à 2004, elle est membre du conseil d’administration de Weizmann France.

 

Pr Marc Fontecave – Professeur au Collège de France – Chaire Chimie des processus biologiques, Président de la Fondation du Collège de France
Chimiste, Marc Fontecave est Professeur au Collège de France depuis 2008, membre de l’Académie des Sciences française et membre de l’Académie royale des sciences de Suède. Son activité de recherche se situe à l’interface de la chimie et de la biologie et porte entre autres sur la chimie du carbone (valorisation du dioxyde de carbone) et de l’hydrogène.
Il est également Président de la Fondation du Collège de France.

 

Pr Hugues de Thé – Professeur au Collège de France – Chaire Oncologie cellulaire et moléculaire, Directeur de l’Institut de biologie du Collège de France
Professeur au Collège de France depuis 2014, Hugues de Thé a une double formation de médecin et de biologiste. Ses travaux cherchent à décrypter les liens entre mécanismes moléculaires des cancers et sensibilités aux traitements. Ses travaux, sur la leucémie aiguë promyélocytaire et le ciblage de PML/RARA par l’acide rétinoïque et l’arsenic, ont directement conduit à la guérison, sans chimiothérapie, d’une leucémie autrefois redoutable faisant de cette maladie le paradigme des traitements ciblés.
Directeur de l’Institut de biologie du Collège de France, il est également Secrétaire de l’Assemblée des professeurs.

 

Pr Michel Goldberg – Professeur émérite à l’Institut Pasteur – Président du Conseil scientifique de Weizmann France
Michel Goldberg est biophysicien, diplômé de l’École Polytechnique (promotion 1959). Entré à l’Institut Pasteur en 1962, il y prépare sa thèse sous la direction de Jacques Monod. Dans ce cadre, il fait un stage de deux ans (1964-1966) à l’Université Stanford (Palo Alto – Californie). Il est nommé Professeur à l’Université Paris-7, fonction qu’il occupera jusqu’à 1998.
Michel Goldberg poursuit ses recherches sur la formation de la structure fonctionnelle des protéines à l’Institut Pasteur où il est nommé Chef de Laboratoire en 1972, puis Professeur en 1985. Il a exercé les fonctions de Directeur Scientifique de l’Institut Pasteur de 1976 à 1979, et a été membre de nombreuses instances de cet institut. Il a été chef de l’Unité de Biochimie Cellulaire, puis de l’Unité de Repliement et Modélisation des Protéines de l’Institut Pasteur, fondateur et Directeur du Service Commun INSERM-PASTEUR de cytométrie en flux, et directeur d’une URA du CNRS.

 

Pr Marie-Hélène Verlhac
DR1 CNRS au CIRB (Centre Interdisciplinaire de Recherche en Biologie) au Collège de France s’intéresse à la fin de l’ovogenèse chez les mammifères. Élève de l’École normale supérieure de Lyon, après une thèse à l’Université Pierre et Marie Curie suivie d’un stage postdoctoral à l’Université de Californie à San Francisco, elle monte son équipe avec pour objectif principal de comprendre comment les ovocytes de souris réussissent à préserver leurs réserves d’origine maternelle par le biais de divisions originales très asymétriques en taille.

 

Pr Nir Gov 
Diplômé de physique de l’Imperial College de Londres et de l’Université de Tel-Aviv, il passe son Master et son Doctorat de physique au Technion. Il poursuit des études doctorales à l’University of Illinois et à l’Institut Weizmann (Department of Materials and Interfaces). Il est Professeur associé au Département de Physique chimie de l’Institut Weizmann des Sciences.
Le Professeur Nir Gov s’intéresse aux problèmes de physique qui se posent dans les domaines de la biologie, de la matière molle, des fluides complexes et des systèmes hors d’équilibre. Le groupe de recherche qu’il anime à l’Institut Weizmann développe des modèles théoriques en utilisant les outils de la mécanique statistique, de la dynamique non linéaire, de la physique de la matière molle, de la thermodynamique, de la théorie de l’élasticité, etc., pour aborder les énigmes que nous rencontrons dans le monde naturel.

 

Pr Olivier Espéli 
Directeur de recherche au CNRS, directeur adjoint du CIRB. Docteur de l’Université́ de la Méditerranée, Aix-Marseille.
Le groupe de recherche animé par le Pr Olivier Espéli au Collège de France se concentre sur la dynamique des chromosomes chez les bactéries et les organismes modèles de levure. Il développe la microscopie fluorescente en direct pour étudier le mouvement des chromosomes en temps réel. Il utilise des approches du génome entier pour étudier la conformation des chromosomes et les protéines de liaison à l’ADN. Ses recherches actuelles portent sur la cohésion des chromatides sœurs dans E. coli et la levure et l’implication de la topologie de l’ADN dans le contrôle de la méiose des levures.

 

Pr Roï Avraham
Roi Avraham est diplômé de l’université de Tel-Aviv (informatique, neuro-immunologie) ; il passe son doctorat à l’Institut Weizmann des Sciences, et effectue ses études postdoctorales au Broad Institute du MIT et à l’Université de Harvard.
Le laboratoire de génomique hôte-pathogène que dirige le Pr Roi Avraham à l’Institut Weizmann s’intéresse à la façon dont les rencontres individuelles entre l’hôte et les bactéries pathogènes peuvent finalement définir le résultat de l’infection. Ceci est réalisé en appliquant des plates-formes d’analyse unicellulaires interdisciplinaires qui nous permettent collectivement de profiler et de surveiller précisément les interactions hôte-pathogène dans le contexte des infections in vivo.

Le Collège de France

Le Collège de France est une institution unique au monde, à la fois centre de recherche de très haut niveau et lieu ouvert à tous ceux qui ont soif de connaissance. Ici, les plus grands chercheurs font avancer la recherche dans tous les domaines : mathématiques, physique, biologie, histoire, économie, littérature… Ces savoirs sont enseignés à tous de manière libre et gratuite, au rythme des avancées scientifiques.

L’Institut Weizmann des Sciences

L’Institut Weizmann des Sciences compte parmi les dix premiers instituts de recherche fondamentale au monde : 2500 scientifiques travaillent sur son campus à Rehovot dans les domaines complémentaires que sont les mathématiques et l’informatique, la physique, la biologie, la chimie et la biochimie. L’Institut Weizmann des Sciences a une longue histoire de recherches et de découvertes, enracinée dans une mission d’avancement de la science au profit de l’humanité́ ; l’Institut, qui forme et accueille une grande partie du leadership en Israël, contribue à faire avancer et comprendre les enjeux scientifiques auprès de tous les publics.

Le partenariat entre le Collège de France et l’Institut Weizmann des Sciences

Une convention générale signée le 4 décembre 2019 unit désormais les deux établissements. Elle manifeste notamment la volonté commune du Collège de France et de l’Institut Weizmann de développer leur coopération scientifique dans tous les domaines partagés (biologie, physique, chimie, informatique…), en favorisant l’interdisciplinarité et l’innovation, grâce à des projets de recherche conjoints, à la mobilité croisée de leurs chercheurs et à l’organisation de manifestations scientifiques sous la responsabilité des deux établissements.
Cette signature fait notamment suite à la visite d’un groupe de quatre Professeurs du Collège de France à l’Institut Weizmann des Sciences en septembre 2019 (Professeurs Marc Fontecave, Jean-François Joanny, Thomas Lecuit, Hugues de Thé) qui avait permis l’identification de sujets d’intérêt commun.

Deux projets de recherches préparés par des scientifiques du Collège de France et de l’Institut Weizmann des Sciences sont présentés ci-après.

Résumé du projet des Professeurs Marie-Hélène Verlhac et Nir Gov
Une architecture interne précise du noyau cellulaire est essentielle pour la fonction cellulaire et tissulaire et l’homéostasie. Les perturbations de l’organisation nucléaire induites par le stress chimique ou mécanique peuvent déclencher diverses pathologies telles que les maladies neurodégénératives et le cancer. La croissance des ovocytes est marquée par une augmentation progressive des forces de propulsion cytoplasmique à base d’actine qui déplacent mécaniquement le grand noyau large de 30 microns de la périphérie cellulaire vers le centre cellulaire sur une distance de 25 microns. MH Verlhac et Nir Gov ont récemment découvert que les forces provenant du cytosquelette d’actine affectent également l’organisation nucléaire lors de la croissance des ovocytes de souris. Dans cette proposition, ils examinent les conséquences de ce transfert de force du cytoplasme au noyau sur le nucléoplasme. En particulier, ils abordent son impact sur les organites sans membrane, les conteneurs de gouttelettes de type liquide renfermant un concentré de composants essentiels nécessaires à des réactions biochimiques efficaces, telles que le traitement de l’ARN. Les organites nucléaires oscillent entre un état dissous inactif et un état condensé actif qui est entraîné par la séparation de deux phases liquides : l’organite sans membrane semblable à un liquide du nucléoplasme environnant. En combinant des expériences dans les ovocytes avec une modélisation biophysique de l’impact des forces sur l’organisation des gouttelettes liquides, cette proposition révélera l’impact des forces mécaniques sur ces éléments nucléaires clés et les conséquences en aval sur le transcriptome ovocytaire. Ce travail permettra non seulement d’acquérir des connaissances fondamentales sur la physiologie de la croissance des ovocytes de mammifères, une condition préalable à la viabilité des gamètes femelles, mais aussi de mesurer l’impact plus général des forces sur l’organisation et la fonction du noyau.

 

Résumé du projet des Professeurs Olivier Espéli et Roï Avraham
La maladie de Crohn est une maladie chronique qui provoque une inflammation et une irritation du tube digestif. La maladie se caractérise par un déséquilibre du microbiome intestinal. En particulier, des souches d’Escherichia coli invasives adhérentes (AIEC) apparaissent dans la flore et ont été impliquées dans la maladie. Les AIEC colonisent les cellules intestinales et survivent et se répliquent dans les macrophages. Les AIEC sont des pathogènes intracellulaires originaux, ils ne semblent pas attaquer leurs cellules hôtes et n’essaient pas d’échapper à l’arsenal que le macrophage met en place pour les tuer. Ils résident dans une vacuole toxique dont la fonction est de détruire les bactéries, les virus ou les cellules endommagées. Dans une étude récente, le groupe du Collège de France a démontré que les bactéries AIEC, lorsqu’elles sont phagocytées par des macrophages, passent rapidement d’un état réplicatif à un état non réplicatif. Ce changement de phénotype rend les bactéries tolérantes aux contraintes produites par les macrophages mais provoque également l’apparition de bactéries tolérantes aux antibiotiques. La tolérance à un antibiotique n’est pas une résistance, il n’y a pas d’acquisition de mutations ou de gènes conférant une résistance, c’est simplement un état physiologique des bactéries pour lequel de nombreux antibiotiques sont inefficaces. Environ 10 heures plus tard, certaines bactéries effectuent le changement inverse et redeviennent réplicatives, puis elles contribuent à augmenter la population bactérienne. Cependant, les bactéries qui redémarrent leur cycle cellulaire sont très susceptibles de mourir parce qu’elles ont accumulé des lésions, en particulier sur leur ADN. Néanmoins, cette deuxième phase de l’infection augmente la population bactérienne et crée des épidémies contenant plusieurs dizaines de bactéries dans certains macrophages. Cette deuxième phase augmente également la proportion de LF82 tolérant aux antibiotiques jusqu’à 10% de la population. Il a été récemment observé que la deuxième phase de l’infection nécessite la construction, par les bactéries, d’une matrice protectrice à l’intérieur des macrophages. Ces communautés bactériennes organisées à l’intérieur des macrophages peuvent servir de niche pour une survie prolongée des bactéries dans le tube digestif des patients atteints de la maladie de Crohn et pourraient expliquer la rechute de l’infection et l’échec des traitements antibiotiques. Les mécanismes permettant à l’AIEC de construire de telles communautés à l’intérieur de certains macrophages, mais pas tous, et les conséquences de la présence de ces communautés sur les macrophages ne sont pas connus.
En collaboration, les équipes de Roi Avraham de l’Institut Weizmann et d’Olivier Espéli du Collège de France analysent cet aspect de l’infection au niveau unicellulaire. Ils vont trier les macrophages contenant différentes charges bactériennes et analyser leur transcriptome (les gènes humains et bactériens qui s’expriment). Cette analyse devrait permettre de déterminer quelle est l’adaptation des deux bactéries et de la cellule humaine à la présence d’une communauté AIEC et donc d’envisager des thérapies dans le cadre d’une stratégie de médecine de précision.