30 Mar Au lieu de lutter contre la résistance au cancer, mettez-la à profit
Trois mutations de résistance identifiées dans le laboratoire du professeur Yardena Samuels pourraient devenir des cibles pour de nouvelles immunothérapies puissantes.
L’un des moments les plus difficiles dans le traitement du cancer survient lorsque la thérapie cesse d’être efficace. Dans de nombreux cancers métastatiques, les médicaments initialement efficaces perdent leur efficacité au fil du temps, car les cellules malignes acquièrent des mutations qui leur permettent de survivre et de se propager. Une nouvelle étude du laboratoire du professeur Yardena Samuels à l’Institut Weizmann des Sciences propose une nouvelle façon de lutter contre la résistance au cancer : exploiter les mutations mêmes qui rendent les tumeurs résistantes afin de combattre le cancer.

(g-d) Prof. Yardena Samuels, Dr. Shira Sagie and Dr. Nofar Gumpert
L’étude, publiée dans Cancer Discovery, présente un nouvel outil informatique, SpotNeoMet, qui identifie systématiquement les mutations de résistance aux traitements communes à de nombreux patients. Ces mutations conduisent à la production de fragments de protéines appelés néoantigènes, qui sont propres aux cellules cancéreuses et absents des cellules saines, donc devant permettre de servir de signaux de reconnaissance pour le système immunitaire.
À titre d’essai, l’équipe dirigée par les docteurs Nofar Gumpert et Shira Sagie du laboratoire du Prof. Samuels s’est concentrée sur le cancer de la prostate métastatique, une maladie dans laquelle la plupart des patients finissent par développer une résistance aux traitements existants. En collaboration avec le centre médical Sheba et le centre médical Hadassah en Israël, ainsi qu’avec des centres médicaux et des universités en Amérique du Nord et en Europe, les chercheurs ont identifié trois néoantigènes qui ont donné des résultats prometteurs lors d’expériences en laboratoire et sur des modèles murins de cancer. Ces découvertes pourraient ouvrir la voie au développement de nouvelles immunothérapies pour le cancer de la prostate résistant aux traitements.
« Nos recherches démontrent un principe général qui pourrait changer notre façon d’envisager le cancer résistant aux traitements », explique le Prof. Samuels. « Les mêmes mutations qui permettent à une tumeur d’échapper à un médicament peuvent, grâce à une immunothérapie précise, devenir le point faible du cancer. Contrairement aux immunothérapies sur mesure qui doivent être adaptées à chaque patient, ces thérapies pourraient convenir à de larges groupes de patients. »
La Science en Chiffres
Le cancer de la prostate est l’une des tumeurs malignes les plus courantes chez les hommes, avec 1 466 680 nouveaux cas et 396 792 décès en 2025.